l'AVENIR SE JOUE EN CHINE MAIS À QUEL PRIX ?

INVESTISSEURS, POLITICIENS, ENTREPRENEURS ONT UN SEUL ET MÊME OBJECTIF : PORTER LA CHINE À LA POINTE DE LA PROCHAINE RÉVOLUTION TECHNOLOGIQUE ET INDUSTRIELLE

La Chine était considérée il y a quelques années, comme le pays qui délocalisait les productions de masse à bas coût, et non pour innover. Cependant, il était prévisible que la Chine, du fait de son ambition, son histoire et sa taille, ne se limiterait pas éternellement à jouer le second rôle. Pour comprendre cet intérêt chinois envers l’IA, il faut remonter à 2015 avec le plan décennal : “Made in China 2025 ” ayant pour objectif de réduire la dépendance aux fournisseurs étrangers. Ce plan met l’accent sur le secteur privé et l’entreprenariat avec 4 leaders nationaux : Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi soit les BATX. Entre caméras de surveillances, le système de notation, comment la chine est elle vouée à évoluer ?

D’après l’AFP/La Tribune du 12 février 2019, la Chine «Compte investir plus de 150 milliards de dollars d’ici 2030 pour devenir le premier pays en matière d’IA». Pour prendre le leadership, elle dispose de quatre atouts majeurs : les données, des milliers d’entrepreneurs, un grand nombre d’ingénieurs experts et un soutien actif du pouvoir politique. La Chine mène une politique interventionniste et dirigiste auprès des académies et de l’industrie. À son arrivée au pouvoir en 2012, Xi Jinping a mis en place une stratégie qu’il a lui-même nommé “la fusion civilo-militaire”. Ce modèle stratégique a été dans l’immédiateté transposé au développement de l’IA. Le parti communiste impose ces grands axes stratégiques aux BATX dans le but d’innover et concevoir des technologies à double usage tant commercial, civil, que militaire. La culture occidentale a souvent un apriori sur ces pratiques éloignées de notre éthique. La culture asiatique n’est-elle pas tout simplement plus ouverte à ces changements, à ces nouveaux usages ? Sa capacité d’adaptation à l’IA sera plus facile en raison de sa capacité d’acceptation des nouveautés parfois sous la contrainte. En 2017, Xi Jinping a nommé cinq champions nationaux de l’intelligence artificielle : Baidu avec les voitures autonomes, Tencent pour les diagnostics médicaux, Alibaba avec les villes intelligentes, SenseTime pour la reconnaissance faciale et iFlytek avec la reconnaissance vocale.

L’IA en Chine jouit d’une réglementation souple. Pour parvenir à ce schéma, la Chine se positionne comme un pays où le mot éthique est bien loin de notre vision occidentale. Avec ses 800 millions d’internautes et aucune législation proprement dite, la Chine a accès à plus de données que l’Europe et les États-Unis réunis.  Selon le monde informatique, «les Chinois font 50 fois plus de paiement par mobiles que les Américains ; ceci permet à Alibaba et Tencent de tout savoir sur les habitudes de centaines de millions de Chinois, dans leurs activités Internet et dans le monde physique». 

Aujourd’hui près de 176 millions de caméras de surveillance sont installées dans le pays soit le nombre le plus élevé au monde. Les entreprises ont donc accès à cette riche base de des données avec les photos et documents d’identité des quelques 1,4 milliard de citoyen chinois, grâce aux contrats conclus avec le gouvernement. La bande des quartes (BATX) sont les principaux clients du gouvernements. Ils les ont dotés de nombreux systèmes de surveillance : caméras de surveillance, lunettes de surveillance portées par la Police, les caméras des aéroports de Pékin… 

 

L’IA en Chine jouit d’une réglementation souple. Pour parvenir à ce schéma, la Chine se positionne comme un pays où le mot éthique est bien loin de notre vision occidentale. Avec ses 800 millions d’internautes et aucune législation proprement dite, la Chine a accès à plus de données que l’Europe et les États-Unis réunis.  Selon le monde informatique, «les Chinois font 50 fois plus de paiement par mobiles que les Américains ; ceci permet à Alibaba et Tencent de tout savoir sur les habitudes de centaines de millions de Chinois, dans leurs activités Internet et dans le monde physique». 

Aujourd’hui près de 176 millions de caméras de surveillance sont installées dans le pays soit le nombre le plus élevé au monde. Les entreprises ont donc accès à cette riche base de des données avec les photos et documents d’identité des quelques 1,4 milliard de citoyen chinois, grâce aux contrats conclus avec le gouvernement. La bande des quartes (BATX) sont les principaux clients du gouvernements. Ils les ont dotés de nombreux systèmes de surveillance : caméras de surveillance, lunettes de surveillance portées par la Police, les caméras des aéroports de Pékin… 

 

En Chine, la vie sous l'oeil inquisiteur des caméras - Les Échos
Surveillance en Chine, la police du futur ? - Kombini

Zoom sur Kai-Fu Lee et sa vision de l’impact de l’IA

Kai-Fu Lee fait partis des plus grands spécialistes dans l’intelligence artificielle au monde. Véritable icône chinois, il compte plus de 50 millions d’abonnés sur le twitter chinois, « Weibo ». Tous les jours, des politiciens, investisseurs, PDG de multinationales et étudiants s’empressent pour écouter ses différentes visions du monde et de l’impact de l’IA. 

Pour lui « l’intelligence artificielle va provoquer des changements majeurs et rapides comme aucune autre révolution industrielle ne l’a fait jusqu’ici, ouvrant la voie à un nouvel ordre mondial bipolaire ». Son propos est choc.

Pour cet entrepreneur scientifique, la Chine communiste fait parti des meilleurs endroits pour investir dans l’IA. C’est dans le quartier de Haidan, non loin des universités prestigieuses où chaque année sont primés des milliers d’ingénieurs. Tous les ans, des centaines de start-up voient le jour, avec un objectif :  séduire le monde entier. Kai-Fu Lee a fondé il y a 10 ans, Sinovation Ventures. 

Aujourd’hui, 15 sont devenues des licornes et dépasse le milliard de dollars de valorisation, et certaines des « décacornes » avec plus de 10 millards de dollars. Les start-up se livre un combat sans merci avec la collaboration de nombreux adeptes du « 996 ». Ils travaillent de neuf heures du matin à neuf heures du soir, six jours par semaine. Kai-Fu affirme que : « La Silicon Valley a l’air carrément endormie comparée à ses concurrents de l’autre côté du Pacifique »,

Pour cet entrepreneur, l’Europe n’existe pas. Il affirme que le France détient d’excellent laboratoires de recherche mais « il ne vous donnent pas un Google français ». Il donne un conseil au Président : « Créer un écosystème de capital-risque et d’entrepreneurs qui transformera les avancées scientifiques en applications industrielles. »

LES LICORNES DE SINOVATION

Voici quelques unes des licornes chinoises : 

Mobike, le vélo intelligent :

Spécialisée dans la mise à disposition de vélos en libre-service, Mobike a multiplié les levées de fonds depuis sa création en 2015, avant d’être rachetée par l’application de services Meituan.

3 milliards d’euros de valorisation

Megvii, payer avec son visage :

Aussi appelée Face++, du nom de sa technologie de reconnaissance faciale, la société créée en 2011 équipe de nombreuses applications grand public (comme Alipay, paiement mobile) ou des réseaux de caméras de surveillance

Didi Chuxing : le Uber chinois, la deuxième startup la plus valorisée au monde

En 2017, Didi Chuxing confirme contrôler 90% du marché des VTC en Chine et lève 5,5 milliards de dollars afin de devenir la startup la plus cher au monde, après Uber.

Meituan-Dianping : la quatrième entreprise technologique au monde

Site Web d’achat en groupe chinois pour les produits de consommation, les services de livraison alimentaire, et de vente au détail offerts localement.

Aujourd’hui, Meituan Dianping est la quatrième entreprise technologique la plus importante dans le monde, avec un chiffre d’affaires de plus de 28 milliards de dollars.

Sources : Les 12 licornes chinoises à connaître 

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